Lorsque la meute de chiens aboie, la biche sursaute d’effroi avant de déguerpir. À chaque amorti sur les cailloux de mousse, les muscles de ses cuisses se contractent. La jolie créature laisse des empreintes discrètes en forme d’ailes d’ange miniatures. On lit la fuite pour la vie dans ses divines signatures.
La biche a un port de tête inégalable digne des Reines de beauté. Même en tentant d’échapper à la mort, la princesse en cavale ne lâche pas ses hauts talons.
Subitement, les chiens cessent d’aboyer. Un coup de feu déchire la forêt. L’odeur de poudre se répand sous le ciel de plomb. Égale à elle-même, somptueuse, la biche se prélasse sur un lit d’aiguilles de pins. Ses talons hauts gisent en désordre sur le tapis rouge flambant neuf. Vue d’ici, la princesse devenue gibier est bien amochée.
J’étais pourtant persuadée que les hommes raffolaient des concours de beauté.